L’AFCE prépare son nouveau guide de choix des fluides frigorigènes

L’AFCE prépare son nouveau guide de choix des fluides frigorigènes

À l’occasion de son colloque annuel en septembre prochain, ce groupement proposera une analyse multicritères des nouveaux fluides à la disposition des industriels, installateurs et prescripteurs.

En application depuis le 1er janvier 2015, la réglementation européenne F-Gas de 2014 est actuellement entrée dans le dur du sujet. Au cours de la période 2018-2020, la réduction de consommation globale des fluides frigorigènes fluorés (dits HFC) sera globalement du tiers de celle de la fin 2014.

Cette démarche pratiquement unique au monde a pour objet de mettre la pression sur les fournisseurs d’équipements de climatisation et de froid industriel et commercial pour les inciter à améliorer leurs équipements, réduire les fuites (annuellement environ 10 à 13 % du volume des fluides exploités) et de les orienter vers des solutions à plus faible pouvoir de réchauffement de la planète (PRP ou GWP).

Le « Phase down » se déroule bien

Selon l’AFCE, Alliance Froid Climatisation Environnement, association regroupant la filière thermodynamique et présente au sein de la fédération européenne EPEE (European Partnership for Energy and Environment), la réunion de fin mai avec la Commission européenne a confirmé le bon déroulement du « Phase down » mis en place le 1er janvier 2015, c’est-à-dire de la décroissance programmée des fluides, en termes de PRP, durant les quinze prochaines années.

Cette information rassure les professionnels du froid, car elle éloigne l’idée d’une nouvelle modification de la réglementation F-Gas en 2022. Les seuls points de réglages envisagés par les autorités de Bruxelles seraient la redistribution des quotas d’usage de fluides au fil de l’avancement de l’application de la directive ainsi qu’une prise en compte du Brexit pour répartir ces mêmes quotas de fluides entre les 27 pays de l’Union Européenne.

À ce titre, l’exemption des matériels préchargés de cette réglementation reste en débat ; cette mesure aurait essentiellement pour effet d’aider les fabricants européens à l’exportation. Mais, la Commission européenne buterait sur un problème juridique relatif au protocole de Montréal.

Des alternatives énergétiquement performantes

Pour sa part, l’AFCE poursuit sa démarche de communication pour porter les bonnes pratiques auprès de sa quarantaine de structures adhérentes. Ainsi, après la production d’une première étude menée par l’entreprise EREIE et le Cemafroid sur les alternatives aux gaz frigorigènes classiques et polyvalents (R-404A, R-134a, R-410A…) livrée en 2015, cette alliance a commandé une seconde version actualisée du critère désormais prépondérant de l’efficacité énergétique.

« C’est l’impact environnemental n° 1 d’un système thermodynamique, car il consomme de l’énergie », résume François Heyndrickx, directeur général de l’AFCE. « Il faut d’abord regarder le COP ; le fluide vient en second, car une installation doit être étanche, et la réglementation impose d’y veiller. »

Il restera à terme une dizaine de fluides sur le marché

Ce travail mené par les experts des structures EREIE, Cemafroid et Citepa, est déjà largement avancé ; il doit être livré à l’AFCE et à ses adhérents fin juillet prochain. Comme il y a trois ans, il distinguera les diverses formules alternatives à l’aide de diagrammes en radar permettant de discerner lisiblement les critères environnementaux, techniques (capacité volumique…) financiers (coût, disponibilité) et de sécurité des solutions.

« En 2014-2015, commente Régis Leportier, président de l’AFCE et responsable de l’entreprise Tecumseh (fabricant de compresseurs et d’unités de production de froid), nous étions face à environ 80 nouveaux fluides. Il en reste aujourd’hui une trentaine sur le marché, et il devrait en rester une dizaine à terme. Clairement, le temps des fluides universels est révolu, et il est nécessaire d’aider les professionnels à s’y retrouver très précisément. »

Des fluides inflammables à haute pression

L’AFCE souhaite d’ailleurs un nombre limité d’alternatives, notamment pour simplifier la formation des intervenants. Elle fait remarquer que les prochains fluides, naturels ou chimiques, seront majoritairement « inflammables et à haute pression. Ce qui demandera une analyse de risques sur chaque site, que ce soit pour les installateurs ou les usagers. »

Ces points feront l’objet de la réunion annuelle de l’AFCE, le 25 septembre prochain à Paris. Deux experts des fluides frigorigènes, Denis Clodic et Paul de Larminat, y présenteront respectivement leurs points de vue techniques sur l’inflammabilité des gaz et sur les alternatives aux fluides à fort PRP.

Les débats permettront d’apprécier l’évolution des avis des ministères impliqués dans cette transition technique – Environnement, Industrie, Agriculture, Éducation nationale et Intérieur –, de même que ceux de l’Ademe et des associations professionnelles : l’Ania pour le secteur agro-alimentaire, la Fedene pour les installateurs.

Retour sur la directive F-Gas

 

 

Le règlement européen F-Gas applicable depuis 2014 succède à celui de 2006, jugé trop peu contraignant par la Commission européenne pour réduire le gaspillage de fluides par fuite et inciter les industriels, installateurs et maîtres d’ouvrage pour choisir des systèmes contenant des fluides à bas pouvoir de réchauffement de la planète.

 

Sur la base des consommations moyennes mesurées au début des années 2010, Bruxelles a upgradé le règlement en y intégrant un « phase down », un réduction progressive des consommations des fluides sur 15 ans, ainsi que le bannissement de certains usages (voir le schéma ci-dessous). En fait, la réduction de 79 % des fluides en 2030 doit s’apprécier en équivalent CO2.

 

Ce règlement constitue un levier pour renouveler profondément les pratiques thermodynamiques. En lieu et place des fluides d’un équivalent carbone de 2 000 à 5 000, ce texte veut voir utiliser des solutions « industriellement disponibles et à un coût similaire » qui affiche des équivalences-carbone considérablement plus faibles.

 

Eviter les fuites

 

À terme, selon l’AFCE, cette F-Gas devrait ainsi ramener le « poids carbone » des fluides en exploitation à environ 400, soit environ 150 pour la production de froid commercial, et 500 ou plus en climatisation. Rappelons que le R-32, qui a actuellement les faveurs des industriels, affiche un PRP/GWP de 650.

 

L’autre objectif est la chasse aux fuites. La réglementation française s’est mise en phase au cours des dernières années pour imposer la vérification régulière des installations, la pose d’équipements permanents, des obligations d’intervention sur les fuites mises en évidence…

 

Si les fluides chimiques de remplacement possèdent des caractéristiques satisfaisantes, leur principale difficulté tient à leur caractère inflammable : ils sont généralement classés A2 l. Ce qui conduit aux réticences des pouvoirs publics, notamment du ministère de l’Intérieur, chargé de la rédaction de la réglementation relative à la sécurité des personnes dans les locaux recevant du public.

 

Dans de nombreux pays, en Amérique du Nord ou en Asie, ces fluides sont autorisés et utilisés. Ainsi aux États-Unis, on estime que le passage des 42 millions de systèmes de climatisation du R-22 au R-32 se traduirait par une augmentation potentielle de 200 incendies. En France, les discussions entamées depuis deux ans n’ont toujours pas abouti.

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